[Interview] exclusive de Masashi Hamauzu

ImeruatOrdiRétro est partenaire d’un événement unique en France, Wayô Records organise la venue de Masashi Hamauzu, notamment compositeur de la musique de Final Fantasy XIII et créateur du groupe IMERUAT avec la chanteuse Mina.

Ce concert exceptionnel aura lieu le 26 novembre 2012 à Paris : Théâtre Adyar  et
à Toulouse : Toulouse Game Show (salon payant – showcase gratuit) le 2 décembre 2012.

Alors n’attendez pas pour réserver vos places !

Avant de venir en France, Masashi Hamauzu a accepté de se dévoiler un peu à nos lecteurs.

OrdiRétro. Pouvez-vous retracer brièvement votre parcours?

Masashi Hamauzu. J’ai commencé à m’impliquer dans la musique de jeu vidéo dès 1995 et suis entré par la suite chez Square-Enix en 1996. J’ai travaillé sur de nombreux jeux, dont Chocobo mysterious Dungeon, Saga Frontier 2, ou encore Final Fantasy XIII. En 2010, je deviens freelance et élargis mon champs d’activité, notamment à travers des concerts et des apparitions plus fréquentes à l’étranger, mais aussi en composant pour du dessin animé. En 2011, je monte le groupe IMERUAT dont je poursuis actuellement le développement au Japon, aux Etats-Unis et en Europe.

OR. Vous avez jusqu’à maintenant surtout travaillé dans le milieu du jeu vidéo, pourquoi avoir décidé de passer à une musique destinée à la scène?

MH. Je n’ai pas vraiment arrêté la musique de jeu vidéo, je pense que ça me permet plutôt d’élargir mon horizon. Se produire en concert me permet de d’atteindre une nouvelle forme d’expression et de remercier les fans. Lorsque je travaillais chez Square Enix en tant qu’employé, les activités de ce type m’étaient limitées.

OR. Quelles différences y a t-il à composer de la musique pour un jeu vidéo et pour la scène?

MH. Jouer sur scène comporte divers contraintes, ce n’est pas possible de jouer les morceaux des jeux tels quels. En revanche, les pistes gagnent ce quelque chose que seul le son live sur scène peut offrir. En tenant compte de cela, j’arrange les pistes pour qu’elles puissent prendre toute leur consistance à travers le jeu des musiciens sur scène.

OR. Les musiques de jeux vidéos ne sont pas à l’origine conçues pour être jouées sur scène. Que pensez-vous qu’apporte la scène à ces musiques de jeu?

MH. La musique de jeu vidéo est quasi-exclusivement écoutée lorsque les joueurs sont chez eux, selon l’emploi du temps de chacun, tandis que sur scène, le compositeur, les musiciens et le public ne font qu’un et partagent ensemble au même instant les émotions ressenties durant les heures de jeu.

OR. Black Ocean fait une large place à la culture Aïnou, pouvez-vous expliquer ce choix?

MH. Au Japon, le peuple Aïnou est une minorité et de ce fait subit un traitement « particulier », dans le bon comme dans le mauvais sens du terme. En écoutant ma musique, vous remarquerez que par rapport aux autres artistes Aïnous, certaines pistes utilisent très peu d’éléments Aïnous quand d’autres n’en utilisent pas du tout. Cela afin que les éléments Aïnous ne bénéficient d’aucun traitement particulier, et soient au contraire une partie intégrante et naturelle d’un tout. De même, je n’utilise les instruments et les textes Aïnous que lorsque musicalement parlant, ceux-ci peuvent réellement être mis en valeur. Si au contraire ces derniers se retrouvent stigmatisés par une volonté de trop les mettre en avant, cela se revient au final à dire qu’à partir du moment où c’est d’origine Aïnoue, c’est forcément bien et donc à mépriser l’essence même des éléments Aïnous.

OR. Que pensez-vous des musiques de jeux vidéo retro (chip tunes)? Avez-vous des musiques de jeux ou des compositeurs de référence en ce domaine?

MH. A vrai dire je ne m’y suis quasiment pas intéressé. La musique chiptune a beaucoup évolué en permettant l’utilisation de nouvelles tonalités. En ce qui me concerne je suis encore dans la période de transition, en manipulant des sons de l’époque ou reprenant une partie seulement de ces son (par exemple j’utilise beaucoup le signal sinusoïdal) mais arriver à faire tenir une musique juste à partir de cela, j’en suis encore loin. Il y a déjà beaucoup d’autres défis sur lesquels je n’ai pas encore obtenu entièrement satisfaction, notamment des pistes joués uniquement au piano, ou encore aux bois, donc pour l’instant je me consacre surtout à cela.

OR. Plus largement quelles sont vos influences musicales?

MH. Mes influences viennent sans aucun doute de l’environnement dans lequel j’ai grandi et de la musique que j’ai écoutée dans mon enfance, et plus particulièrement tout ce que j’ai écouté jusqu’à mes vingt-ans environ, cela représente 90% de ma musique aujourd’hui. Je ne peux pas tous les citer et sans entrer dans le détails de mes goûts pour chacun, j’ai été influencé par Bach, Mozart, Shubert, Shuman, Debussy, Leroy Anderson, Hiroshi Miyagawa, Koichi Sakata, Haruomi Hosono, Ryuichi Sakamoto, et bien sûr mon père qui était compositeur et chanteur d’opéra.

OR. Etes-vous joueur vous-même? Quels sont les jeux vous ayant laissé les plus forts souvenirs?

MH. Ces derniers temps, je n’ai pas vraiment le temps de jouer mais j’ai bien sûr été marqué par les séries Dragon Quest et Final Fantasy. J’avais aussi beaucoup apprécié le jeu d’aventure Okhotsk ni Kiyu à l’époque. (Note: Jeu sorti en 84 dont Yuji Horii était le scénariste)

OR. Merci de nous avoir accordé de votre temps et de nous offrir de si belles mélodies. Nous vous souhaitons une bonne tournée en France.



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